Crise de spasmophilie : qu’est-ce que c’est et comment la surmonter ?

Rien qu’en France, 10 à 15 millions de personnes, dont majoritairement des femmes et des individus âgés de 15 à 45 ans, souffrent de spasmophilie. Et pourtant, la spasmophilie reste un problème de santé mal connue. D’ailleurs, les médecins refusent de la reconnaître comme étant une maladie, mais plutôt un syndrome fonctionnel. En effet, la spasmophilie englobe de nombreux troubles, dont la plupart seraient liés à un état anxieux ou d’angoisse. La spasmophilie s’exprime parfois aussi par des crises impressionnantes, et souvent invalidantes pour les personnes qui en souffrent. Pour mieux surmonter les crises de spasmophilie ou crises de tétanie, voyons ce qu’est la spasmophilie, quels en sont les symptômes, et que faire pour y remédier.

Qu’est-ce que la spasmophilie ?

Comme dit, la spasmophilie est un syndrome fonctionnel regroupant une multitude de symptômes liés à un état d’anxiété. En termes plus scientifiques, il s’agit d’un dérèglement du système neurovégétatif (ou dystonie neurovégétative). En effet, les spasmophilies ont ce qu’on appelle une hyperexcitabilité neuromusculaire. D’ailleurs, ils semblent hypersensibles, vulnérables au stress et présentent parfois une grande instabilité physiologique. Ceci s’expliquerait par le fait qu’ils produisent plus d’adrénaline en raison d’une mauvaise respiration, c’est-à-dire qu’elle est plus rapide, mais superficielle. Ce qui génère une hyperventilation.

Cela dit, vaincre la spasmophilie n’est pas une mince affaire. D’ailleurs, face au moindre stimulus, au moindre stress ou signe d’anxiété, le système nerveux central et périphérique du spasmophile réagit de manière disproportionnée. Et ces situations entraînent dès lors des troubles physiques de type spasmotique.

Quels sont les symptômes de la spasmophilie ?

Si la considération de la spasmophilie comme maladie est tant controversée, c’est notamment à cause de la multitude de ses symptômes. D’après certains psychiatres, ceux-ci correspondraient en fait aux symptômes d’une attaque de panique. Cependant, les symptômes peuvent être très différents d’une personne à l’autre. D’ailleurs, un spasmophile ne ressentira pas forcément tous les symptômes de la spasmophilie, ni même les vivre en même temps. En outre, certains patients spasmophiles ne subissent pas des crises, mais présentent tout de même des symptômes menant au diagnostic. Parmi les symptômes les plus fréquents, il y a une sensation de fatigue profonde, des courbatures matinales, des crampes musculaires au niveau des cuisses ou du mollet, ou des muscles de la mâchoire, un sentiment de vertige, d’instabilité durant la marche ou de malaise imminent, mais qui passe vite, des tremblements, des fourmillements ou des picotements dans le visage et les membres. Dans certains cas, les victimes peuvent aussi avoir des sueurs ou bien des frissons, une hyperventilation, une sensation d’angoisse profonde se manifestant par une oppression thoracique, des migraines ou des maux de tête fréquents, une sensation de gorge serrée, etc.

Selon les médecins, la situation s’aggrave lorsque le patient a le besoin de soupirer pour mieux respirer, une grande émotivité, et parfois même des sautes d’humeur, une perte momentanée de la mémoire, une peur de la foule, ou au contraire, de se retrouver seul, des troubles du sommeil, les symptômes prémenstruels chez les femmes (douleurs aux seins ou au bas du ventre), les palpitations cardiaques, les maux de ventre (estomac noué, ballonnements, colites spasmodiques, diarrhée et constipation qui s’alternent, etc.) les tics, (par exemple les muscles de la paupière qui se contracte automatiquement face au stress), les troubles de la vision (vue floutée), les acouphènes ou des bourdonnements dans les oreilles, les douleurs dans le cou, le dos, le bas du dos ou le long de la colonne vertébrale, et parfois aussi, cette tendance à se tordre la cheville.

Comment se manifeste une crise de spasmophilie et quelles en sont les causes ?

Généralement, une crise de spasmophilie dure entre une dizaine de minutes à une heure et se termine souvent avec une sensation de fatigue intense. En outre, le nombre de crises est très différent d’une personne à une autre : certains la vivent une seule fois dans la journée, tandis que d’autres en souffrent plusieurs fois par jour. En effet, la manifestation d’une crise de spasmophilie peut être très différente d’un patient à un autre. Mais les principaux symptômes restent à peu près les mêmes : c’est-à-dire des crampes au niveau des muscles, des picotements dans le visage et les membres, une hyperventilation doublée d’une sensation d’étouffement, des vertiges, des palpitations et des troubles digestifs.

Pour ce qui est des origines de la spasmophilie, on l’attribue le plus souvent à l’hérédité. Ainsi, des personnes ayant des parents spasmophiles sont prédisposées à en souffrir dans sa vie, les femmes étant plus touchées que les hommes. En outre, la spasmophilie serait liée à des carences en micronutriments pouvant favoriser l’apparition de crises de spasmophilie. Il peut s’agir de magnésium, de phosphore, de calcium, de potassium ou de vitamines (B6, D, etc.), car ces éléments jouent un rôle important dans la contraction des muscles ou la transmission d’influx nerveux. D’où l’hyperexcitabilité neuromusculaire des personnes atteintes de spasmophilie.

Notez que les premières crises de spasmophilie apparaissent généralement vers l’âge de 20 ans. Elles viennent le plus souvent à la suite d’une situation stressante ou angoissante.

Que faire en cas de crise de spasmophilie ?

Le meilleur moyen de soulager une crise de spasmophilie est de se détendre et de se relaxer. L’idée est effectivement de diminuer le niveau d’anxiété de la personne.

Cela passe par des exercices de relaxation que l’on peut apprendre en suivant une thérapie auprès d’un psychologue ou d’un sophrologue. Le meilleur moyen de soulager une crise de spasmophilie est également de calmer la respiration. Pour ce faire, le patient doit respirer dans un sac de papier ou en plastique. L’idée est d’inspirer de l’air appauvri en oxygène, cette astuce va rétablir l’équilibre acido-basique dans l’organisme et favoriser un pH propice au bon fonctionnement du système neuromusculaire.

Dans certains cas, il est possible de prendre des médicaments antidépresseurs. Mais un tel traitement pourrait conduire à des effets secondaires et même une possible dépendance à ce type de médicaments.

Comment soigner la spasmophilie ?

Vivre une crise de spasmophilie ne représente aucun danger pour la santé. Cependant, elle peut causer du stress, car le patient pourrait redouter une nouvelle manifestation. Or, le stress peut à tout moment déclencher une nouvelle crise, ce qui engendre un véritable cercle vicieux. Et lorsque les crises de spasmophilie se répètent et deviennent plus sévères, elles peuvent impacter sur la qualité de vie et le moral de la personne (des insomnies, la dépression, et parfois même des tentatives de suicide. Dans ces cas-là, la meilleure solution est de consulter un médecin ou un psychothérapeute. Celui-ci prescrira le plus souvent des traitements contre l’anxiété, comme la prise de médicaments anxiolytiques ou antidépresseurs, ou bien des thérapies comportementales et cognitives [TCC]. Le spécialiste pourrait également orienter le patient vers la médecine douce comme l’homéopathie ou la phytothérapie.

 Les techniques de relaxation comme le yoga ou la sophrologie sont aussi recommandés pour mieux gérer le stress et l’anxiété. En cas de carence, il est important de bien s’hydrater et d’opter pour une alimentation riche en calcium et en magnésium. En outre, les personnes souffrant de spasmophilie devraient diminuer leur consommation d’excitants en tout genre : l’alcool, le tabac, le café ou encore le thé. Les éviter permet de réduire le risque de faire une crise de spasmophilie.